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Travailler, par Armanda Dos Santos

· Ayurveda

Autrefois, on trimait à l’usine ou dans les champs.

Mais tout ça c'est du passé.

Aujourd’hui avec le télétravail, je peux gagner ma vie depuis mon hamac.

C’est ça le nouveau monde du travail?

Je ne déconnecte jamais, mais je ne peux pas me permettre de faire sans.

Est ce poursuivre le schéma imposé par la société, ou parce que je me définis par ma profession?

Quelle place dois-je accorder au travail dans l’existence?

Et puis, quand on vit de sa passion, est ce considéré comme "travailler »?

Que penser des gens qui travaillent pour l’argent, plutôt que pour leur épanouissement personnel?

En tant que therapeute et formatrice, conférencière, journaliste, et professeure de Yoga, j’ai expérimenté que, quand une passion fini par devenir une profession... elle fini par dévorer toute notre existence. Par dévotion, on n’a plus véritablement de temps "à soi ». De temps pour une famille, une relation, pour "autre chose ». (et j'ose espérer en écrivant ceci que peu de thérapeutes ou passionnés se reconnaitront dans mes écrits!).

Est ce que je retrouve mon épanouissement dans cette voie? indéniablement oui.

Dans quelle mesure notre métier constitue une part de notre identité?

Et puis, comment est ce que je me considère: Je suis Therapeute Ayurvedique? Ou, je suis Armanda et je fais de l’Ayurveda?

Nous n’avons pas tous les mêmes priorités, les mêmes exigences de l’existence.

Je dirais, pour ma part: "je suis therapeute ayurvedique et professeur de Yoga », tant j’exerce ce métier, cette passion, avec passion et exigence.

Faire quelque chose qui a du sens.

C’est facile à dire, mais encore faut-il gagner sa vie dans le métier en question, avoir les compétences requises pour l'exercer… et en être heureux/satisfait.

Pourquoi certains ne trouvent pas de quoi s’épanouir?

Dans une société ou le travail se raréfie, il est évident que de moins en moins de gens vont s’épanouir dans leur métier.

Alors que dans l’Antiquité le travail était quelque chose qu’il fallait éviter à tout prix, aujourd’hui c’est le travail qui donne un sens, une direction à notre vie, et qui nous confère une valeur sociale.

Auparavant on le voyait comme un tourment, un fléau; les hommes « libres » ne travaillaient pas, le travail était une tache réservée aux esclaves. Les « citoyens » se consacraient à autre chose: ils se consacraient aux débats politiques sur la place publique par exemple.

Et puis il y a eu un retournement. Au Moyen Age, il fallait travailler pour avoir le droit de manger.

Aujourd’hui notre société toute entière se définie par le travail, et seuls ceux qui ont un « emploi », bénéficient d’une reconnaissance sociale.

A-t-on besoin d’un travail pour être heureux, ou le travail est-il une fin en soi?

Quelle valeur donne t-on au travail, quand on est corvéable sans merci ?

Je pense à cette citation de Hannah Arendt: "Ce que nous avons devant nous, c'est la perspective d'une société de travailleurs sans travail", dans "Condition de l'homme moderne".

Si je rapproche la pensée ayurvedique à ma réflexion, que nous enseigne l’Ayurveda?

Beaucoup considèrent l’Ayurveda comme un « simple » système de médecine traditionnel, ou comme un Art de vivre.

L’Ayurveda n’est pas une religion, précisons-le; mais elle est en effet: un système complet de Santé (le premier système de Santé a avoir été inventé par l’Homme, précisons-le); et un Art de vivre.

L’Ayurveda enseigne notamment 3 principes fondamentaux à l’évolution humaine :

1- Des mesures saines et salutaires (HITA) pour être en Santé (SUKHA-AYU)

2- Comment aider à rendre la vie des individus bénéfique à la Société (HITA-AYU)

3- Les facteurs « malsains » (AHITA) conduisant à Maladie (DUHKHA-AYU)… ou qui rendent une personne « non-bénéfique » à la Société (AHITA-AYU)

Revenons sur ces 2 termes HITA & AHITA AYU, traitant de "l’utilité de la Vie humaine".

Est considérée « HITA AYU », une personne dont la vie est UTILE A LA SOCIETE.

Est considérée « AHITA AYU », une personne dont la vie est NON-UTILE A LA SOCIETE.

Outre l’aspect quelque peu « moralisateur » de la philosophie, retenons la portée sociale, globale de l’Ayurveda, et de comment elle considère l’état de Santé: au-dela du « Moi », ma santé passe par le « Nous ».

HITA AYU: UNE VIE BÉNÉFIQUE POUR LA SOCIÉTÉ

Selon l’Ayurveda, une personne est bénéfique pour les autres et la Société si:

1- Elle est compatissante envers toutes les créatures, honnête, charitable et cohérente dans ses actions.

2- Elle est en cohérence avec ses 3 Buts de Vie: Dharma (vertu/devoir), Artha (prospérité), Kama (plaisir)

3- Elle reste dévouée aux Etudes, reconnaissante envers les Sagesses Anciennes et privilégie la compagnie des Anciens

4- Elle freine la passion du désir, de l'envie, de la colère, de la fierté, de la cupidité, et se consacre à une vie de quiétude, d'austérité et de savoir

Un mental calme et une nature contemplative, sont également considérés comme « bénéfiques" pour le Monde.

Armanda Dos Santos

Thérapeute et formatrice en Ayurveda

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