Revenir au site

Vimala Thakar: Concentration n'est pas Méditation !

· Yoga

 

''Si nous connaissons la méditation seulement comme le fait de "méditer sur quelque chose", nous ferons confusion entre la concentration qui est une activité mentale focalisée, et la méditation qui transcende l'activité mentale. La concentration peut avoir une utilité en aiguisant les facultés mentales, mais ce n'est pas la méditation. La méditation est une transformation radicale de l'être total, dans la totale manière de vivre. Le sanscrit fait la distinction entre concentration et méditation, utilisant les mots dharana et dhyana. Dharana, comparable au mot anglais "concentration" signifie: tenir, soutenir son attention. Dhyana, parallèle au mot anglais "méditation" est un état d'être dans lequel il y a un état de conscience, sans effort et sans choix à ce qu'est la vie à l'intérieur et autour de nous. Dhyana, comme méditation, est un état d'être, non une activité. Il y a un monde de différence entre les deux (...)

La méditation n'est pas un état de l'esprit. C'est un état de l'être total. La plupart des gens pensent que la méditation concerne seulement l'esprit et non le corps. Il est inutile de focaliser notre attention sur les activités de l'esprit à l'exclusion du reste de nos façons de vivre. La méditation comprend l'être total et la vie totale. (...)

Essentiellement, la méditation est un mouvement non cérébral de la conscience humaine en harmonie avec le rythme de la vie au dedans et au dehors et ne peut pas être un moyen en vue d'un but.(...)

Nous devons réaliser que la méditation est différente de toute espèce d'activité mentale que nous pouvons imaginer. Elle n'est pas contemplation, réflexion, concentration ou expériences sensuelles, non sensuelles, occultes ou transcendantales. L'état de méditation ne peut être le résultat d'aucune activité mentale. (...) Il ne peut pas être provoqué, parce qu'il n'est pas le résultat d'une activité psychophysique dans l'espace et le temps.

La méditation nous conduit hors du petit domaine de l'activité mentale associée avec la concentration, vers le vaste champ de la conscience, vers la relation avec chaque mouvement dans la vie personnelle et collective. La méditation est reliée à la façon dont nous portons nos vêtements, nos chaussures, avec la façon dont nous utilisons les signes que sont les mots tout au long de la journée. La méditation, l'état intérieur de l'être, est exprimée sans choix, dans tout le comportement et les relations: nos actions témoignent de la liberté de l'état de méditation.(...)

La méditation est une manière totale de vivre, non une activité partielle ou fragmentaire. (...) C'est une manière révolutionnaire de vivre pour ceux qui ont le courage de vivre dans la vérité.

Mais avons-nous le désir de vivre dans la vérité ? Avons-nous le désir de pénétrer avec clarté à travers les lourdes couches des conditionnements, les croyances de seconde main concernant l'essence de la vie, les idées conceptuelles de temps et d'espace, et d'entrer en communion directe avec la vie telle qu'elle est réellement ? Sommes-nous profondément insatisfaits d'une vie en accord avec les formules qui nous sont imposées; sommes-nous fortement mécontents de l'insignifiance de la vie fragmentée, aliénée, et brûlons-nous du désir ardent pour la vitalité, la vibrance de la vérité ?

S'il y a un besoin authentique de découvrir ce qui est au-delà du mouvement conditionné de l'ego, ce qui est au-delà de l'espace et du temps, ce qui est au-delà de tous les symboles et de tous les concepts, s'il existe une passion de vivre dans la totalité, alors de nouvelles priorités de vie s'éveillent dans le coeur. Il n'y a plus de confusion à propos de ce qui est important dans l'action de vivre. Ambitions et jalousies ne nous tirent plus dans une direction un jour pour nous pousser dans une autre le jour suivant. Nous devenons très au clair à propos de ce qui est essentiel.

Quand il y a une flamme de recherche, un besoin brûlant d'apprendre, de découvrir, de voir, pour la seule joie de le faire, l'inhibition des motifs, des intentions et des ambitions disparaît. Un tel état sans motivations, qui peut mûrir dans la méditation, est vitalement nécessaire au commencement de la recherche.

Chaque motif crée une défense et dans son ombre même porte une peur. Chaque ambition porte en sa matrice la peur de l'échec et de la frustration. Une recherche authentique, non seulement élimine l'inhibition des peurs réprimées, la rigidité de l'ambition, mais crée la souplesse de l'humilité.

La tendresse et la docilité sont essentielles pour l'étude, pour la transformation. La recherche demande un état sans peur, et l'état sans peur n'est pas possible s'il n'y a pas la docilité de l'humilité. L'humilité et la tendresse libèrent beaucoup d'énergies latentes, musculaires, nerveuses, glandulaires, cérébrales et non cérébrales qui sont bloquées par la rigidité, la conscience de soi. Au moment où nous sommes tendres, dans l'esprit de recherche, et où nous voulons apprendre par les yeux, les oreilles, le nez, par chaque nerf de notre être, ces énergies sont libérées.

Une recherche authentique fait naître l'humilité, mais une recherche qui est une réaction aux frustrations, aux manques ou aux déceptions de la vie, ou qui est ambitieuse d'acquérir quelque chose qui diffère du monde matériel économique ou politique, d'acquérir quelque chose d'exotique dans le royaume de l'occulte, laissera le chercheur avec la même rigidité qu'avant dans la structure de l'ego. Une recherche basée sur les réactions et les ambitions nous portera seulement aussi loin que la force d'impulsion de l'énergie limitée, consciente d'elle-même. Si nous sommes portés par la force impulsive de la déception, de la frustration ou de l'ambition, notre voyage devra vraisemblablement être court.

La beauté de la recherche , c'est qu'elle ne peut pas être tracée d'avance avec la certitude d'un itinéraire sur une carte. Pour ceux d'entre nous qui aiment vraiment la vie, l'imprévisibilité de la recherche est une joie, non un fardeau. Si cependant nous essayons de nous accrocher à la certitude du connu, de maintenir la rigidité du savoir tout en nous ouvrant sur l'inconnu, nous serons vraisemblablement frustrés.

Le chercheur est comme un enfant docile et tendre qui est vulnérable au contact de la vie, qui est exposé, dans toutes les directions à l'état d'être , sans aucun mécanisme de défense.

Avez-vous observé de jeunes enfants apprenant quelque chose, avez-vous regardé leurs yeux, leurs mouvements, la manière dont ils sont assis, dont ils touchent les choses; avez-vous remarqué leur tendresse et leur docilité alors qu'ils croissent et se développent? Leur être entier est une flamme de recherche. Tout comme l'enfant est ouvert, sensible aux vibrations de la vie, un chercheur authentique abandonne la rigidité de la structure de l'ego et, dans l'humilité, est ouvert, réceptif aux vibrations de la vie.

La personne en qui est née une recherche authentique est bénie. Une recherche si sincère mûrit en réalisation, transforme l'être entier dans l'état de méditation.''

Vimala THAKAR, extrait ''LA MÉDITATION, UNE MANIÈRE DE VIVRE.''

Tous Les Articles
×

Vous y êtes presque...

Nous venons de vous envoyer un e-mail. Veuillez cliquer sur le lien contenu dans l'e-mail pour confirmer votre abonnement !

OK